Accueil

Retour

   

Textes

 

Pollution atmosphérique, petit bilan et contrevérités

 

Selon un rapport du Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), la pollution atmosphérique fait trois millions de victimes chaque année dans le monde.

La pollution atmosphérique représente une grave menace pour la santé de la population mondiale. Les composants les plus dangereux pour l'homme seraient le dioxyde de soufre (produit de la combustion du pétrole et du charbon à haute teneur en soufre), les matières particulaires (produits des feux ménagers, centrales thermiques industrielles et moteurs diesel), l'oxyde de carbone et le dioxyde d'azote (produit des gaz d'échappement), l'ozone et enfin le plomb. On remarque, à l'échelle mondiale, deux principales sources de pollution atmosphérique : le monde industriel et le transport routier. Pour mémoire les transports maritimes et aériens représentent environ 5% de la pollution atmosphérique.

30 000 morts prématurées par an en France...

Le 21 juin 2005, le gouvernement français, lors de la présentation de son « Plan national santé environnement », a rappelé que 30 000 personnes décèdent prématurément chaque année en raison de la pollution atmosphérique urbaine (due essentiellement au transport routier), 7 à 20 % des cancers seraient imputables à des facteurs environnementaux, 14 % des couples consultent pour des difficultés à procréer, difficultés qui pourraient être liées à des expositions à des substances toxiques pour la reproduction.

Existe-t-il un seuil en dessous duquel la pollution de l'air n'ait pas d'effet sur la santé ?

Non . Il n'existe pas de seuil, cela signifie que toute baisse des niveaux de pollution se traduit par une baisse de la mortalité. Bref, une voiture de moins, c'est déjà un plus pour la santé.

Les véhicules diesels ne sont pas plus polluants que les véhicules à essence !

Faux , les véhicules diesels sont les principaux responsables de l'émission de particules fines dans l'atmosphère. Ces particules fines sont impliquées dans la genèse des cancers du poumon. Ces véhicules émettent également bien plus d'oxyde d'azote que les véhicules à essence et fragilisent les personnes atteintes de maladies respiratoires (asthme, emphysème). En revanche, ils émettent nettement moins de dioxyde de carbone. Conclusion : voitures diesel ou à essence, les pollutions diffèrent mais les deux types de moteurs sont dangereux pour la santé.

La pollution augmente dans les villes!

C'est globalement faux dans les pays industrialisés d'Europe. En effet, la pollution liée à l'automobile et aux transports routiers augmente alors que les autres pollutions urbaines diminuent (baisse de la pollution industrielle, meilleure efficacité du chauffage, …). En revanche, la pollution augmente dans des lieux spécifiques comme les grands aéroports internationaux du fait, notamment, de l'augmentation du trafic aérien mais aussi du trafic routier induit.

En ville dois-je porter un masque contre la pollution ?

Il faut savoir que les masques chirurgicaux ou les foulards ne sont pas plus efficaces que le nez (qui joue un rôle de « filtre naturel »). Seuls les masques avec filtre à charbon peuvent avoir une certaine efficacité bien qu'ils n'arrêtent ni les particules fines ni de nombreux gaz. De toute manière, le port du masque ne peut s'envisager que lors des pics de pollution, il ne protège donc pas des effets de la pollution de fond (pollution ambiante minimale à laquelle nous sommes tous au moins exposés). Il existe des masques destinés à certaines pollutions professionnelles (solvants, poussières), mais ces masques ne sont efficaces que contre des émanations spécifiques et ne constituent pas une protection contre la pollution urbaine.

La situation s'aggrave-t-elle ?

Non , mais en réalité, la pollution atmosphérique actuelle a changé de nature par rapport à celle d'il y a trente ans. Depuis les années soixante-dix, la pollution due aux transports est devenue particulièrement préoccupante. Les analyses décèlent, certes, moins de dérivés soufrés et de fumées noires (particules de carbone), mais une plus grande quantité d'ozone, ainsi qu'une proportion plus importante de particules fines potentiellement cancérigènes.

La pollution reste-t-elle localisée là où elle a été émise ?

Non , par exemple, le nuage de pollution produit par l'agglomération parisienne peut s'étendre sur plus de 50 km pour les oxydes d'azote et sur plusieurs centaines de kilomètres pour l'ozone.

En ville, dans quelles conditions suis-je le plus exposé à la pollution atmosphérique : à pied, à vélo ou en auto ?

Une étude menée par le Laboratoire d'hygiène de la Ville de Paris (LHVP) a montré qu'entre un automobiliste, un cycliste et un piéton, c'était dans son véhicule que l'on était le plus exposé à la pollution.

Pollution de fond ou bien pics de pollution : quelle est la situation la plus dangereuse ?

Pour le grand public et les médias, la question des risques de la pollution atmosphérique pour la santé se résume souvent à celle de l'impact des pics de pollution. D'un point de vue sanitaire, c'est une vision erronée de la réalité. Airparif, réseau de surveillance de la qualité de l'air en région parisienne, explique que la manière dite « traditionnelle » de concevoir la prévention, en surveillant les alertes, soit encore pertinente en matière de pollution atmosphérique urbaine, alors que les sources mobiles sont devenues la principale source d'émission et de production de polluants, reste à démontrer. Tout indique, au contraire, que c'est par la réduction générale, tout au long de l'année, des niveaux moyens de pollution que l'on aura l'impact de santé publique le plus important ». Cela ne signifie pas, pour autant, que la gestion des pics de pollution soit sans intérêt.

Sources : FNUAP, institut lilly, AFP